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« Aiguardent » au Festival d'Avignon du 05 au 31 juillet 04
La chapelle du verbe incarné
21g, rue des Lices
84000 Avignon
Tél : 04 90 85 12 07
Contre toute évidence
Issue d'une famille catalane, Marta découvre la danse à 18 ans lors d'un cours de modern jazz, et se jette à corps perdu dans les cours pour satisfaire un insatiable appétit d'apprendre. Les ateliers à Paris, New-York et Barcelone s'enchaînent. Très vite repérée pour sa fougue et son talent, elle danse avec Avelina Argüelles, Angels Margarit, et mène une carrière internationale.
Reconnue et saluée par ses pairs (plusieurs prix d'interprétation en tant que danseuse et chorégraphe), Marta Carrasco l'indomptable désarçonne car elle éprouve rapidement l'impérieux besoin de faire fusionner la danse et le théâtre et de se distinguer dans le traitement de son art. Avec Blanc d'Ombra en 1999, une création autour de Camille Claudel, et Aiguardent, un solo déchirant créé en 2000 où elle incarne une femme alcoolique, la mise en scène et les accessoires s'inscrivent en tant qu'éléments prédominants dans son univers dansé. Critiques et professionnels s'y perdent... Sommes-nous au théâtre, est-ce encore de la danse ? On suggère même qu'elle a créé un genre à part entière...
Reste que l'émotion et la force vive qui se dégagent des thèmes choisis dans ses spectacles vont droit au coeur du public, touché par cette nouveauté de forme. «Ce sont les personnages rejetés par la société, les perdants, les mal aimés, les laissés pour compte qui m'intéressent. Si la souffrance est parfois paralysante, la douleur est assurément un moteur pour la création, l'invention.» Plus que quiconque, Marta sait exploiter la beauté et la véracité cachées dans la fragilité. Femme des extrêmes, exigeante avec elle et ceux qu'elle dirige, elle reste une artiste accessible et touchante dont l'ambition première est de communiquer avec son public.
«Ce qui m'importe avant tout, c'est que la dame du fauteuil n°4 du 3ème rang va percevoir, comprendre et ressentir. Si rien ne se passe pour le spectateur, alors c'est terrible pour moi». L'univers unique de Marta Carrasco ne fait que suggérer, pour qu'il y ait autant de regards, d'interprétations, que de spectateurs dans la salle.
Christine Carbona Photo(s) de Didier Pallagès |
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